La Chine et le premium

Alex

J’ai eu l’occasion d’approcher le dernier haut de gamme de la marque Dong Feng (actionnaire de PSA, partenaire de Nissan, entre autres…. et deuxième constructeur Chinois selon les dernières statistiques). Un examen intéressant au plus haut point.

Ce modèle, présenté au salon de Shanghai 2015 sous le nom Number 1, sera vendu sous la marque Aeolus et visa à concurrencer les véhicules statutaires comme les Audi A6, les VW Phaeton et accessoirement les Hongqi H7 dont les dignitaires chinois sont friands. Il s’agit donc d’un véhicule avec chauffeur où le confort des passagers arrière est privilégié. Ici, point besoin d’originalité, le véhicule doit en imposer.

Immédiatement, on pense à VW avec cette face avant, le logo Dong Feng étant lui aussi rond. On pense à l’Audi A8 ensuite puis un peu à la Peugeot 607 avec ce grand porte-à-faux arrière. C’est justement un indice pour la plateforme servant de base à ce véhicule. Il ne s’agit ni plus ni moins que celle de notre Peugeot 508. Alors que le constructeur français ne développera pas de véhicule du segment supérieur, Dong Feng s’y attaque avec celui-ci. A l’intérieur, nous retrouvons des éléments bien connus de la 508 et autres véhicules PSA avec une cohérence correcte mais surtout une qualité perçue au niveau de nos propres véhicules européens. Je dis « perçue » car dans le détail, la résistance des commodos et boutons reste encore faillible.

L’autre élément perfectible reste le moteur, repris évidemment des moteurs PSA mais manquant encore de cylindrée pour pouvoir concurrencer des V6 et des V8 d’origines germaniques, japonaises ou américaines sur ce segment. Le petit 4 cylindre 1,6l développé en son temps avec BMW aura un peu de mal avec ses 200ch à emmener cette lourde caisse sur les belles autoroutes autour de Pekin. C’est justement un des axes où les constructeurs chinois pèchent encore, malgré l’apport de sociétés extérieures comme l’autrichien AVL (partenaire de Chery), par exemple. La situation de l’automobile chinoise n’est pas sans rappeler celle de l’automobile coréenne du milieu des années 90. L’apprentissage est rapide et là aussi, le marché intérieur assure de larges revenus.

La prochaine étape pour ces marques premium sera de s’éloigner des joint-ventures à l’image du cordon coupé par Hyundai et Kia avec Mazda et Mitsubishi en leur temps. Cette Dong Feng number 1 rappelle finalement les Kia Opirus de 2002 et quand on voit maintenant une Kia K9/Quoris encore plus monumentale, on peut s’inquiéter de voir ces joint-venture investir le premium et donc fournir le carnet d’adresse des fournisseurs. Peut-il en aller autrement, finalement, avec l’appât du gain aveugle? On attend maintenant de voir la prochaine étape : L’installation sur le marché US du premier constructeur chinois. Quoros a été un échec (prévisible) mais l’apprentissage continue.

Source: cheziceman.wordpress.comCC BY 3.0 FR

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Next Post

MG GS, le nouveau SUV chinois

J’ai eu l’occasion d’approcher le dernier haut de gamme de la marque Dong Feng (actionnaire de PSA, partenaire de Nissan, entre autres…. et deuxième constructeur Chinois selon les dernières statistiques). Un examen intéressant au plus haut point. Ce modèle, présenté au salon de Shanghai 2015 sous le nom Number 1, […]